Pourquoi vos photos iPhone sont en HEIC (et quand les passer simplement en JPG)
Dov Azencot
@DovAzencotLa première fois que ça m’a joué un tour, j’essayais de joindre une photo à un formulaire d’assistance pour mon propriétaire. J’ai glissé l’image, la roue de chargement a tourné une fois, et le formulaire a répondu « type de fichier non pris en charge ». La photo s’affichait parfaitement dans mon application Photos. Le fichier s’appelait IMG_4471.HEIC, et le formulaire ne savait absolument pas quoi en faire.
Toute l’histoire du HEIC tient dans cette phrase. C’est un format meilleur que le JPG sous presque tous les angles mesurables, et une part obstinée des logiciels que vous utilisez tous les jours reste incapable de l’ouvrir.
Pourquoi Apple est passé au HEIC
Autour de 2017, les iPhone ont discrètement remplacé leur format photo par défaut, du JPEG au HEIC — High Efficiency Image Container, bâti sur le codec vidéo HEVC. La raison, c’était le stockage. Le HEIC range à peu près la même photo dans environ moitié moins d’espace. Une image qui aurait pesé 4 Mo en JPEG tombe plutôt vers 2 Mo, et votre œil ne fait pas la différence entre les deux.
Il ne fait pas que réduire la taille. Le HEIC peut contenir de la couleur sur 16 bits au lieu des 8 bits du JPG, il conserve donc une plus grande partie de la plage tonale captée par votre appareil. Il stocke les Live Photos, les cartes de profondeur et les rafales dans un seul conteneur. Sur le téléphone, c’est le bon choix. Apple n’avait pas tort.
Le hic dont personne ne parle au Genius Bar
Le HEIC est grevé de brevets, et sa prise en charge en dehors de l’univers Apple reste inégale d’une façon que le JPG, lui, n’a jamais connue. Voici les murs contre lesquels je me suis personnellement cogné :
- Les formulaires d’envoi des administrations et des banques
- Les vieux PC Windows dépourvus du pack de codecs HEVC payant
- Beaucoup de champs image dans les applications web et les CMS
- Les discussions de groupe avec des amis sous Android, qui le recompressent parfois en bouillie
- À peu près tout formulaire « joindre une photo » écrit avant 2020
Le JPG, à l’inverse, s’ouvre littéralement partout depuis les années 1990. Il n’existe aucun appareil, aucun navigateur, aucun formulaire, aucun vieux PC de bureau qui s’étrangle sur un JPG. C’est cette universalité qui justifie à elle seule la conversion.
Ce que vous perdez vraiment
Soyons honnête, parce que c’est la partie que la plupart des pages « convertissez votre HEIC maintenant » passent sous silence. Passer du HEIC au JPG n’est pas gratuit. C’est une conversion d’un format avec perte vers un autre format avec perte : vous ré-encodez des données déjà compressées, et le JPG est le moins efficace des deux. Trois coûts bien réels :
| Ce que le HEIC conserve | Ce que fait le JPG |
|---|---|
| ~2 MB pour une photo de 12 MP | ~3.5–4.5 MB pour la même photo |
| 16 bits de profondeur de couleur | 8 bits — un effet de bande possible dans les ciels |
| Live Photo, profondeur, gain map HDR | Aplati en une seule image fixe |
Le fichier devient donc plus lourd et la plage de couleurs plus étroite. Ça ressemble à un mauvais marché jusqu’à ce que vous vous rappeliez l’essentiel : un fichier un peu plus lourd qui s’ouvre partout vaut mieux qu’un fichier plus léger qui ne s’ouvre nulle part où vous en avez besoin. Pour une photo que vous envoyez, que vous mettez en pièce jointe ou que vous confiez à quelqu’un sur un PC, ce marché vaut la peine à chaque fois.
La baisse de qualité, en pratique, est faible. À un réglage de qualité raisonnable, un JPG converti est visuellement impossible à distinguer du HEIC pour tout ce que vous regarderiez sur un écran. Vous ne remarquerez le plafond des 8 bits que dans les cas extrêmes — un dégradé de coucher de soleil bien lisse peut laisser voir un léger effet de bande. Pour un instantané qui part dans un formulaire, vous ne le verrez jamais.
Quand je ne convertis pas
Si la photo reste dans l’écosystème Apple — dans ma photothèque, synchronisée vers mes autres appareils, imprimée via le circuit d’Apple —, je la laisse en HEIC. Convertir là ne ferait qu’alourdir le fichier et jeter de la profondeur de couleur sans raison. Le HEIC est le meilleur format d’archivage. Je ne sors le JPG qu’au moment où une photo doit quitter le jardin clos.
L’autre chose que je ne fais jamais, c’est convertir l’unique copie. Le HEIC d’origine sur mon téléphone ne bouge pas. J’exporte un JPG vers sa destination, et le fichier maître garde toute sa couleur et sa profondeur. C’est la règle que je suis pour chaque format : convertissez la copie que vous envoyez, gardez l’original qui vous appartient.
Comment je m’y prends
Vous pouvez couper le HEIC à la source — Réglages, Appareil photo, Formats, « Plus compatible » — et votre iPhone photographiera en JPG à partir de là. Ça marche, mais chaque photo paie alors la taxe JPG pour toujours, même celles qui ne quittent jamais votre téléphone. Je préfère photographier en HEIC et convertir la poignée que je partage réellement.
Pour ça, j’utilise le convertisseur HEIC vers JPG de ce site. Il tourne dans votre navigateur, la photo ne quitte donc jamais votre appareil — ce qui compte plus que d’habitude ici, parce qu’il s’agit de vos vraies photos personnelles, pas de captures d’écran génériques. Déposez le HEIC, récupérez un JPG que le formulaire du propriétaire, le portable Windows de votre tante et toutes les cases d’envoi de la planète accepteront sans broncher.
La guerre des formats ne vaut pas la peine d’être menée sur un formulaire d’assistance à 21 h. Convertissez la photo, envoyez-la, passez à autre chose. C’est ce que je fais désormais, et IMG_4471 a fini par passer.
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